
Une douleur sous le talon qui revient chaque matin, un ongle qui s’incarne, une corne qui gêne dans la chaussure : les pieds se font souvent oublier jusqu’au jour où ils font mal. Pour s’y retrouver avant de prendre rendez-vous, des médias spécialisés comme ANDPP.fr réunissent des conseils pour prendre soin de ses pieds au quotidien, sans remplacer l’avis d’un professionnel. Ce guide rassemble les repères officiels de la Haute Autorité de santé (HAS) et de l’Ordre national des pédicures-podologues pour savoir quand consulter un podologue, et pourquoi il ne faut pas attendre.
Podologue ou pédicure-podologue : un seul et même métier
Dans le langage courant, on dit « podologue ». Le titre exact est pédicure-podologue, et l’Ordre national de la profession le rappelle : il s’agit d’un seul et même métier, pas de deux spécialistes différents.
La HAS le décrit comme un spécialiste du pied au sens large. Il soigne la peau et les ongles, conçoit des orthèses et donne des conseils d’hygiène. Son rôle compte, car les pieds ont, selon la HAS, « une incidence capitale sur notre autonomie et sur notre vie sociale et professionnelle ».
Avant tout traitement, la HAS recommande au professionnel de réaliser un bilan podologique : douleurs, état de la peau et des ongles, chaussage, mobilité des articulations, équilibre. C’est ce bilan qui fixe ensuite le rythme du suivi.
Les signes qui justifient un rendez-vous
Le premier motif de consultation reste ce que l’on voit et ce que l’on sent. L’Ordre cite les troubles de la peau localisés au pied, comme les cors et durillons, et les problèmes d’ongles, comme l’ongle incarné ou la mycose.

Pour la HAS, le principe est simple : à tout âge, le recours à un pédicure-podologue est conseillé en cas de symptômes podologiques. Une douleur qui dure, une gêne à la marche ou à l’enfilage des chaussures en font partie.
La HAS recommande aussi une orientation vers ce professionnel dans plusieurs situations précises : des troubles de la marche, des troubles de l’appui (dits « statiques »), une perte d’autonomie, ou la difficulté à assurer seul ses soins d’hygiène, comme la coupe des ongles.
Un signe mérite une attention particulière : une lésion de la peau ou de l’ongle qui paraît suspecte. Dans ce cas, la HAS recommande d’adresser rapidement la personne à son médecin traitant.
À partir de 60 ans, une visite préventive recommandée
Les affections des pieds sont fréquentes chez les personnes mobiles de plus de 75 ans, note la HAS. C’est pourquoi elle recommande, à titre préventif, une visite chez le pédicure-podologue dès 60 ans, même sans symptôme.
Cette visite sert aussi à repérer le risque de chute. Le pied et la chaussure jouent sur la qualité de l’appui au sol. Si le sujet vous concerne, notre guide pour évaluer votre équilibre à domicile complète ces repères.
Repères chiffrés
Pieds et équilibre après 60 ans, ce que dit la HAS
60 ans
Âge à partir duquel une visite préventive chez le pédicure-podologue est recommandée
20 s
Test « timed up and go » (se lever, marcher 3 m, revenir s’asseoir) : risque de chute à partir de ce temps
5 s
Seuil de normalité du test d’appui sur une seule jambe
2,5 cm
Hauteur de talon à ne pas dépasser pour les personnes à risque de chute
Source : HAS, dossier « Affections podologiques », articles du 08/12/2020, consulté le 28/09/2026.
Pour les personnes à risque de chute, la HAS conseille aussi des chaussures à semelle souple à l’avant du pied, avec un talon large et horizontal, et de limiter les chaussons et pantoufles, peu stabilisants.
Diabète et maladies chroniques : un suivi régulier des pieds
Certaines maladies imposent de surveiller ses pieds de près. La HAS cite le diabète, l’arthrose, l’obésité, les maladies neurodégénératives et certains traitements contre le cancer, qui peuvent abîmer la peau et les ongles.
Le cas du pied diabétique est le plus encadré. Les personnes diabétiques ont un risque accru de plaies pouvant conduire à des amputations. La HAS recommande donc un dépistage annuel du risque podologique, qui permet de classer ce risque et d’adapter la prévention.
L’Ordre explique ce risque : quand le diabète abîme les nerfs et les vaisseaux des jambes, le pied peut devenir moins sensible, et la personne ne sent plus une petite blessure. D’où ce suivi régulier, en lien avec le médecin traitant.
Selon l’Ordre, l’Assurance Maladie prend en charge, sur prescription médicale, deux forfaits annuels de prévention pour les pieds diabétiques les plus à risque : jusqu’à 5 séances par an pour le grade 2, jusqu’à 8 séances pour le grade 3.
Le saviez-vous ?
Pour la HAS, les patients se tournent spontanément trop peu vers un professionnel quand ils ont mal aux pieds. L’Ordre des pédicures-podologues ajoute qu’un problème de pied passé inaperçu peut être à l’origine de douleurs ailleurs dans le corps, au dos ou aux genoux, ou d’une perte d’équilibre chez la personne âgée.
Chez l’enfant : quand demander conseil
La question revient souvent chez les parents : à quel âge emmener son enfant chez le podologue ? Les sources officielles ne fixent pas d’âge de visite systématique.
L’Ordre souligne en revanche qu’un démarrage « du bon pied » est essentiel chez le petit enfant, et invite les parents à demander conseil au pédicure-podologue en cas de doute. La règle générale de la HAS vaut aussi pour eux : une consultation est conseillée dès qu’un symptôme apparaît au pied.
En pratique, le médecin traitant ou le pédiatre reste le bon premier interlocuteur. Il peut orienter vers un pédicure-podologue si la marche ou l’appui de l’enfant l’inquiète.
Semelles orthopédiques : ce qu’il faut savoir
Les semelles orthopédiques, que les professionnels appellent orthèses plantaires, font partie des traitements les plus connus du podologue. D’après la HAS, elles servent à mieux répartir les pressions sous le pied, à guider les mouvements pendant la marche et à limiter les frottements.
Elles ne se choisissent pas au hasard. La HAS indique qu’elles doivent être réalisées après un bilan podologique complet, debout et en mouvement, avec un examen de la marche.
Deux repères pratiques en découlent. D’abord, seules les orthèses plantaires prescrites par un médecin peuvent bénéficier d’un remboursement par la Sécurité sociale. Ensuite, la durée de vie d’une orthèse ne doit pas dépasser un an : des rendez-vous de suivi permettent de vérifier son usure et de l’ajuster.
Les gestes quotidiens pour garder des pieds en bonne santé
Entre deux consultations, l’essentiel se joue à la maison. La HAS détaille les bons réflexes que le pédicure-podologue enseigne à ses patients, avec un objectif simple : éviter les mycoses et repérer tôt ce qui ne va pas.

La routine tient en quelques minutes, à condition de ne sauter aucune étape :
Routine
Cinq gestes d’hygiène recommandés par la HAS
1
Laver chaque jour à l’eau courante, avec un savon doux ou un pain sans savon, sans oublier l’espace entre les orteils.
2
Rincer à l’eau claire. Un bain de pieds tiède reste possible de temps en temps, sans plaie et sans dépasser 10 minutes.
3
Sécher en tamponnant, minutieusement, surtout entre les orteils.
4
Hydrater avec une crème, en évitant les espaces entre les orteils pour ne pas créer d’humidité.
5
Observer : crevasses au talon, rougeurs entre et sous les orteils, peau qui s’épaissit (cors, durillons).
Source : HAS, « Podologue, un rôle essentiel dans l’éducation du patient », 08/12/2020, consulté le 28/09/2026.
La HAS signale aussi ce qu’il vaut mieux éviter. Les coricides, ces produits contre les cors, sont déconseillés à cause du risque de plaie, en particulier en cas de diabète ou de problème de circulation. Il ne faut pas non plus retirer soi-même une corne ou un durillon avec un instrument tranchant, même stérile.
Enfin, côté chaussettes et chaussures, la HAS recommande des matières qui laissent respirer le pied. Garder le pied au sec limite la macération, qui fait le lit des mycoses.
Ces gestes ne remplacent pas un rendez-vous quand une douleur s’installe. Ils aident simplement à garder des pieds en bonne santé et à repérer plus tôt le moment où il faut consulter.
Questions fréquentes
Cet article informe et ne remplace pas une consultation. En cas de douleur persistante, de plaie qui ne cicatrise pas ou de diabète, parlez-en à votre médecin traitant ou à un pédicure-podologue.
Sources
HAS, « Symptômes podologiques et bilan diagnostique du pédicure-podologue », 08/12/2020, consulté le 28/09/2026.
HAS, « Podologie en médecine de 1er recours et orientation vers le podologue », 08/12/2020, consulté le 28/09/2026.
HAS, « Soins et traitements prodigués par le pédicure-podologue », 08/12/2020, consulté le 28/09/2026.
HAS, « Podologue, un rôle essentiel dans l’éducation du patient », 08/12/2020, consulté le 28/09/2026.
HAS, recommandation « Le pied de la personne âgée : approche médicale et prise en charge en pédicurie-podologie », décembre 2020.
Ordre national des pédicures-podologues, « Pourquoi consulter un pédicure-podologue ? », espace patient, consulté le 28/09/2026.
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